Commémoration du Génocide des Arméniens

Aux côtés de nombreux membres du Conseil municipal de Clamart, dont Jacqueline Minassian que je tiens particulièrement à remercier pour l’organisation de cette journée du 29 avril, nous nous sommes rassemblés, représentants de toutes les communautés de Clamart, responsables d’associations, citoyens de tous âges, pour rendre hommage aux victimes du Génocide des Arméniens.

Pour nous souvenir de ce qu’il s’est passé en 1915. Pour nous rappeler qu’un peuple ivre de se libérer du joug d’un empire décadent s’est acharné sur une de ses communautés les plus fidèles, les plus anciennes, les mieux intégrées.

Pourquoi commémorer le génocide des Arméniens ici, en France, en 2017 ?

D’abord parce que les Arméniens qui ont rejoint la France ont irrigué notre nation. Ils ont apporté dans leurs bagages la souffrance des événements de 1915 et des décennies de persécution. Ils ont apporté à la Patrie des Droits de l’Homme une connaissance intime de la discrimination, des dérives du pouvoir d’État et finalement des comportements génocidaires. La sagesse de la communauté arménienne est un bien précieux que nous sommes heureux d’avoir intégré dans notre ethos national français.

Ensuite, parce que le Génocide des Arméniens est l’un des quatre génocides internationalement reconnus du 20ème siècle. Le 20ème siècle est le siècle de l’horreur et de la guerre. Il est un siècle fondamental dans l’histoire de l’humanité. Sa connaissance et son étude sont impératifs si l’on veut continuer d’approfondir la démocratie et la bienveillance des sociétés humaines envers leurs membres.

Enfin, parce que la Turquie n’a toujours pas reconnu le Génocide des Arméniens. Quelques paroles timides et insuffisantes ont été prononcées il y a 2 ans. Depuis, nous n’entendons plus rien. La lucidité d’une nation face à son histoire est un excellent indicateur de la direction qu’elle prend. Quand on commence à vouloir réécrire les livres d’histoire, à empêcher les historiens de faire leur travail de façon indépendante, aux journalistes d’en parler, il se passe quelque chose de pourri. Et la dérive du pouvoir du président turc qui a fait voter une constitution à sa démesure en est la preuve et malheureusement sous doute pas l’aboutissement.

Pour ces raisons, nous sommes heureux à Clamart que les Français d’origine arménienne puissent maintenir vivace le souvenir de leur histoire car il nous enrichit tous, il nous fait grandir en humanité, il nous rend vigilants aux dérives du pouvoir. Alors que la Turquie quitte le chemin de la démocratie, cela est encore plus nécessaire.

L’UCIA et Sourire d’Arménie, les écoles franco-arméniennes peuvent compter sur notre amitié et notre soutien à leurs projets et à leurs événements. Je suis heureux que prochainement nos deux associations puissent bénéficier de locaux mieux adaptés à leurs activités.

La Paix est toujours fragile, elle doit s’ancrer dans la culture, dans les habitudes, dans un esprit civil, dans les échanges économiques et le respect des droits de l’homme. C’est précisément ainsi que les nations européennes ont procédé depuis 70 ans autour de la réconciliation franco-allemande. C’est en amplifiant la coopération régionale que la paix s’installera dans la durée, de l’Anatolie à la mer Caspienne, des contreforts du Caucase à l’Iran et au Kurdistan.

Réconciliation des récits historiques et donc fin de la négation du génocide, commerce, libertés linguistiques et culturelles. Il n’y a que cette voie, difficile, qui permettra sur le long terme la paix et l’amitié entre les peuples.

Souvenons-nous de la fragilité de la vie humaine et de la civilisation, souvenons-nous des Arméniens et de leur souffrance, souvenons-nous qu’il a suffi de quelques fonctionnaires aux ordres et d’une presse muselée pour lancer l’un des quatre Génocides du 20ème siècle.

Soyons fidèles au souvenir des victimes du génocide des Arméniens et, ainsi, soyons fidèles à la France.

%d blogueurs aiment cette page :