77ème anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940

Lundi dernier, nous avons célébré le 77ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle. Ce jour-là, depuis Londres, le Général lance un appel à la résistance en invitant les Français à refuser la défaite et à combattre l’ennemi. Dès son arrivée dans la capitale britannique, le Général alors méconnu de tous, n’hésite pas à demander le soutien de Winston Churchill, Premier ministre britannique et allié de la France, qui accepte sans hésiter. Le 17 juin 1940, en apprenant la décision du Maréchal Pétain de cesser le combat, il décide immédiatement d’écrire ce fameux message qu’il lira le lendemain sur les ondes londoniennes.

Quelle audace ! Un général, parmi tant d’autres, qui ose prendre les devants de ce que sera la Résistance française face à un gouvernement qui capitule et se soumet à l’ennemi. Il se tient debout face aux vents contraires, ne pouvant se résoudre à la capitulation et à l’abandon lâche de sa nation. Je le cite : « Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaitre ? La défaite est-elle définitive ? Non ! ».

Dans ses Mémoires de guerre, le Général de Gaulle explique que, pour lui, « la première chose à faire était de hisser les couleurs ». Et c’est ce qu’il a fait, il a rendu ses couleurs à notre drapeau.

La leçon du 18 juin, celle de De Gaulle, est la suivante : le plus précieux dans ces moments tragiques est la faculté de se lever et de dire non en laissant de côté les idéologies. Voilà l’essentiel. Cet appel est un message éternel. C’est l’espérance, c’est voir l’avenir dans les yeux de nos enfants. C’est une force inouïe qui s’oppose au fatalisme et au défaitisme.

Dans le contexte actuel, celui du terrorisme devenu presque quotidien, ce message a une résonance toute particulière. Il nous rappelle l’essentiel. Il nous rappelle que nous devons être aussi courageux et clairvoyants qu’il l’a été sur la réalité du conflit de son époque. Il nous rappelle que nous devons faire preuve de la même dignité et que nous ne pouvons pas céder à la panique en oubliant notre honneur.

Et puis, ce combat contre le terrorisme n’est pas que le nôtre, c’est un combat international. « La France n’est pas seule » disait le Général en juin 1940. 77 ans plus tard elle n’est toujours pas seule. Le monde doit combattre ce même ennemi qui menace nos valeurs, nos libertés, celles pour lesquelles nous avons tant lutté.

Le 3 juin dernier, Londres était une nouvelle fois touchée, quelques jours plus tôt Manchester l’était également. Aussi, n’oublions jamais Charlie Hebdo, le 13 novembre, Nice, Xavier Jugelé, les policiers de Magnanville et malheureusement encore tant d’autres partout dans le monde.

La France, ce pays des droits de l’Homme, doit continuer à porter haut et fort ses valeurs : la démocratie, la liberté d’expression, la liberté religieuse, la liberté d’aimer, la liberté de penser. Elle doit défendre son art de vivre. Nous ne pouvons pas renoncer à ce que nous sommes. La France n’est pas qu’une terre, c’est une idée, grande, généreuse et libre. Je le cite une nouvelle fois : « Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis ».

Ce message nous rappelle que nous devons faire face aux différents défis de notre siècle. La France doit pouvoir se réinventer tout en restant fidèle à son histoire. Ainsi, l’autre défi auquel notre pays doit faire face est celui de réconcilier les français avec leurs institutions. Nous sortons tout juste de séquences électorales usantes, vécues non sans difficulté par tous, dans un climat qui n’était ni serein ni apaisé.

Vous le savez, si nous avons fêté ce 77ème anniversaire avec 24h de retard, c’est parce que les Français étaient appelés à voter pour leurs députés ce dimanche 18 juin. Lors de ces élections législatives l’abstention a été très forte. Plus de 57,4 % d’abstentionnistes lors du second tour. Un niveau d’abstention historique, du jamais vu pour des élections législatives sous la Ve République. Les récents résultats nous indiquent avec force l’envie et le besoin qu’ont les Français de voir nos institutions se tourner vers encore plus de modernité en s’adaptant aux évolutions de la société. Ce besoin se fait ressentir au niveau national, les résultats sont sans appel partout en France.

Alors, ce vent nouveau que le Général de Gaulle a su insuffler à son époque, nous devons l’honorer aujourd’hui et s’en inspirer. Il y a plus de 70 ans, le monde avait changé et il l’avait vu, son esprit lucide a su prendre le chemin de la modernité. Ce volontarisme du Général doit rester au cœur de notre politique générale 77 ans après et devra le rester dans le futur.

Cette cérémonie est plus qu’un symbole, elle est nécessaire pour se rappeler et ne surtout pas oublier qu’en juin 1940, nous aurions pu tout perdre ! Nous devons nous rappeler qu’il ne faut jamais abandonner et toujours rester digne, comme l’a été le Général de Gaulle en prononçant cette phrase : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Nous devons faire honneur à ces mots et à l’indépendance d’esprit de cet homme qui a sauvé la France en 1940 et qui l’a portée en 1945, en 1958 et bien après.

Le message du Général de Gaulle doit donc continuer à résonner dans nos esprits et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai souhaité dès le début de mon mandat que sa stèle soit déplacée au cœur de la Ville. Cet appel du 18 juin 1940 fait partie du patrimoine national, il est un repère de l’honneur, du courage et de l’espérance. Ne l’oublions jamais.

Vive la République, vive la France !

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